Tournée : La France peut-elle battre les All Blacks ?

Demain à 21h, le XV de France s’attaquera aux All Blacks au Stade de France. Un défi de taille que les hommes de Philippe Saint-André ont à cœur de relever, particulièrement à domicile. Mais ont-ils les armes nécessaires ?

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Cette semaine, et comme avant chaque France-Nouvelle-Zélande, les médias s’empressent de raviver le mythe français face aux All-Blacks. Une légende construite autour de victoires françaises improbables en Coupe du Monde en 1999 et 2007, ou au pays du long nuage blanc, en 1994 et 2009. Ian Borthwick, ancien All Black, y dédie un livre, France – All Blacks : La légende continue. Le mythe est tel qu’il pousse les All Blacks à ressasser « l’imprévisibilité des français » en conférence de presse avant chaque confrontation. Leur manière de conjurer le sort, une sorte de talisman pour éviter toute défaite imprévue. Qu’en est-il dans les faits ? Outre le caractère romantique des rares victoires bleues, le XV de France est la troisième équipe au monde qui pose le plus de problèmes aux All Blacks, et la première de l’hémisphère Nord. Avec un pourcentage de victoires Blacks de – seulement – 75,93 %. Ce mythe tient aussi de la multiplication de ces « exploits » depuis 1994. Si sur 54 rencontres, les français n’en ont gagné que douze, sept ont eu lieu depuis cette date.

Ce folklore populaire est surtout lié à l’hégémonie Black sur la planète rugby, qui fait de cette équipe un véritable Everest à franchir. La dernière victoire du XV de France à domicile face aux hommes en noir remonte à 2000, à Marseille. Les néo-zélandais n’ont plus perdu à Paris depuis 1973 ! Les sept dernières confrontations, dont une finale de coupe du monde, ont tourné en leur faveur. Dont les trois dernières en juin dernier, sur des scores révélateurs d’un écart consistant : 23-13 à Auckland, 30-0 à Christchurch et 24-9 à New Plymouth.

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Wesley Fofana face aux néo-zélandais durant la tournée estivale 2013

Présentement, la Nouvelle-Zélande est au sommet de son art. L’équipe reste sur une série de vingt-quatre succès en vingt-six rencontres, dont un match nul. Les All Blacks sont en outre invaincus en 2013, ce qui ajoute un enjeu à ce match amical. Champions du monde, vainqueurs du Four-Nations, les coéquipiers du capitaine Richie Mc Caw veulent réussir l’exploit de terminer leur saison invaincus : «  Cette équipe veut laisser une trace dans l’histoire des All Blacks ». Un objectif assumé : le quinze de départ face aux Français possède la bagatelle de 853 sélections sous le maillot noir.

Trouver la nouvelle génération

Ces deux équipes sont les finalistes de la dernière Coupe du Monde remportée par les All Blacks (8-7). Depuis, ces derniers ont parfaitement réussi le passage à témoin entre générations, comme le souligne Mc Caw : « Pour la tournée, on a 36 joueurs qui pourraient tous jouer sans que le niveau change. Les jeunes maintiennent la barre très haut.» La dynastie des Carter, Nonu, Mc Caw, C. Smith et Mealamu n’a pas encore tiré sa révérence, que déjà, de jeunes pousses prometteuses frappent à la porte. A l’inverse, les français présentaient en finale de coupe du monde une équipe de vieux briscards, misant sur l’expérience et la défense. Le nouveau sélectionneur, Philippe Saint-André, a donc pour tâche de trouver de nouveaux talents, et de construire en vue de la coupe du monde 2015. Si un groupe se dégage, il est encore trop tôt pour y voir une équipe. Lors des trois derniers matchs des français, jamais charnière n’a été reconduite, et le match de samedi ne déroge pas à la règle. En face de l’expérience Black, les Français ne totaliseront « que » 398 sélections au coup d’envoi. Ces atermoiements seront sans doute préjudiciables au coup de sifflet final, samedi. Mais inscrits dans la durée, ils pourraient nous être favorables en 2015. Toujours est-il que cette période de transition ne renforce pas la confiance des joueurs. 2013 fut une année noire, avec une dernière place au Tournoi des VI Nations, et trois défaites en autant de matchs durant la tournée estivale.

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L’ouvreur Rémi Talès fêtera sa troisième sélection face aux All Blacks

Saint-André le confirme, la France n’est qu’en préparation : « on joue (contre) un niveau encore supérieur et on veut se jauger contre ces nations-là ». Dans ces conditions, il est dur de pronostiquer une victoire des Bleus samedi. C’est bien pour cela qu’elle est possible : le mythe français se construit lorsque le XV de France est dos au mur. En outre, les Blacks viennent au Stade de France avec un léger point faible, leur mêlée : « Disons le point fort le plus faible peut-être » comme le souligne le pilier Rabah Slimani. Enfin, et c’est ce qui fait la beauté de ce sport, malgré statistiques et pronostics, il se joue sur le terrain, dans l’engagement et la volonté. Si cela ne suffit pas, il est encore temps de délocaliser la rencontre au Parc des Princes, seul stade parisien où les Blacks ne se sont jamais imposés, et antre de la dernière victoire française à Paris. Où de sortir Christophe Lamaison de sa retraite ; l’ouvreur occupe encore aujourd’hui les trois premières places du classement des meilleurs marqueurs français face aux Blacks (28 en 1999, 27 en 2000 et 16 en 2000). Et si l’imagination vient à manquer à Philippe Saint-André, voici LA recette pour venir à bout des Blacks, datant de la dernière coupe du monde, mais toujours d’actualité sur le site de La boucherie ovalie.

sources : Rugbyrama, Libération

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